Non loin du site de Salerne, un centre étrusque s’est développé dans la zone de l’actuel quartier de Fratte entre le VIIIe et le Ve siècle avant J.-C., qui, selon certains spécialistes, s’appelait Irna. Il s’agissait d’un important avant-poste des Étrusques dans le golfe de Salerne, une région où ils interagissaient avec les Grecs de Poseidonia-Paestum. Ce centre frontalier, ouvert à différents peuples et cultures grâce au commerce et aux échanges, était très riche, comme en témoigne la grande quantité de vases de fabrication athénienne, qui représentaient à l’époque des objets de luxe, retrouvés dans les tombes de la nécropole proche de la zone archéologique que l’on peut visiter. Le musée archéologique provincial expose ces vases et toutes les autres découvertes des fouilles de Fratte, y compris les magnifiques décorations en argile d’un temple dédié à Hercule, héros très apprécié dans la région étrusque. Au IVe siècle avant J.-C., la ville fut occupée par les Samnites, puis conquise, comme les autres villes samnites, par les Romains en 308 avant J.-C.. Nous nous trouvons dans une zone habitée par les Samnites, précisément, par les Lucaniens de Paestum, par les Picentins déportés en 260 avant J.-C. par les Romains, qui donnèrent ainsi naissance à la ville de Picentia, où se trouve aujourd’hui Pontecagnano. En tant que garnison militaire dans la région, après que les Picentins se soient rebellés contre Rome, la naissance d’une nouvelle ville a été encouragée, sur la côte, près de l’embouchure du fleuve Irno. En 194 avant J.-C., à la fin du IIe siècle avant J.-C., la colonie romaine de Salerne fut fondée. La ville occupait la zone du centre historique actuel, ce qui témoigne d’une très longue histoire urbaine. C’était une ville à vocation militaire, mais aussi portuaire et commerciale, qui devint rapidement riche et peuplée. Elle a également une vocation « touristique », l’ancien Salernum, à tel point qu’Horace la mentionne comme une destination possible pour ses vacances.
Les traces de la Salerne romaine se retrouvent partout dans le centre historique, à commencer par les nombreuses colonnes qui s’insèrent dans les portails et les bâtiments. Une belle colonnade se trouve sur le côté du palais épiscopal, à l’intérieur duquel se trouve le temple de Pomone. Sous la chapelle palatine et le palais Fruscione, dans un véritable palimpseste de l’histoire de Salerne, se trouvent les vestiges visitables des thermes. À l’intérieur du quadriportique de la cathédrale, constitué de belles colonnes romaines, se trouvent de magnifiques sarcophages en marbre décoré.
Mais la plus grande suggestion réside dans ce que l’on ne peut pas voir, mais que l’on peut sentir. Le Largo Abate Conforti était peut-être le site du Forum, et l’on peut encore apercevoir la forme de l’ancienne place.
Le plus beau souvenir de l’époque romaine se trouve au musée archéologique : la magnifique tête d’Apollon en bronze, trouvée dans les eaux de Salerne, prise dans le filet d’une barque de pêcheurs et devenue l’un des symboles de la ville.