Avec l’arrivée des Angevins et des Aragon, et le transfert de la capitale à Naples, le rôle de Salerne diminua, mais la ville ne cessa pas de jouer un rôle important dans le contexte du règne, grâce aussi au fait qu’elle possédait un port important, fondé par le Souabe Manfred en 1259, et qu’elle était le siège d’une des plus grandes foires du sud de l’Italie, fréquentée aussi bien par les marchands du royaume que par les étrangers, instituée par le même souverain la même année : les deux structures continuèrent à fonctionner au cours des siècles suivants.
Pendant la période angevine, le célèbre médecin Matteo Silvatico vécut à Salerne, connu de Boccace qui écrivit une nouvelle (X du IVe jour) dans laquelle figure un médecin salernois du nom de Mazzeo della Montagna, manifestement inspiré par lui. Matteo Silvatico est le fondateur de l’actuel Giardino della Minerva, un splendide jardin botanique restauré selon les principes de la médecine médiévale.
Le plus grand romancier du XVe siècle, Tommaso Guardati, célèbre sous le nom de Masuccio Salernitano, est également originaire de Salerne. Il est l’héritier de Boccace avec ses romans, dont beaucoup se déroulent à Salerne et décrivent, entre autres, la Via dei Mercanti, appelée « drapparia », l’église de Sant’Agostino et la Piazza del Sedile del Campo. Des vestiges architecturaux de cette période sont disséminés dans la ville, le plus beau et le plus célèbre étant l’arc catalan, une œuvre de la période aragonaise.
À la fin du XIVe siècle, Marguerite de Durazzo, mère du roi Ladislas, vint vivre à Salerne : la loggia de son palais, d’un beau style Renaissance, fait partie du musée archéologique provincial, et son tombeau, d’une grande élégance, se trouve à l’extrémité de la nef gauche de la cathédrale de la ville, où il a été transféré du couvent de Saint-François de Salerne, où il se trouvait à l’origine.
Certaines églises de Salerne remontent au XVIe siècle, mais ce siècle est marqué, sur le plan artistique, par Andrea Sabatini, dit Andrea da Salerno, élève de Raphaël, dont les œuvres sont exposées dans l’église San Giorgio et dans la galerie d’art du musée diocésain.